Sous-courants
Alors que la pratique commune d’Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe explore l’ombre comme matériau et métaphore, le projet Sous-courants explore une nouvelle forme d’ombre – les effets invisibles du son sur les écosystèmes aquatiques et les forces invisibles qui façonnent la vie sous la surface du fleuve Saint-Laurent, longeant la Gaspésie. Le Saint-Laurent est une puissante artère symbolique et écologique qui traverse le Québec. Ses eaux sont riches en biodiversité, mais subissent également l’impact du commerce mondial. Corridor maritime clé, le fleuve est rempli de sonars, de bruits d’hélices et de vibrations industrielles. Alors que l’attention du public se concentre souvent sur l’effet du bruit sur les baleines ou les espèces commercialement viables, nous avons été frappés par la méconnaissance de son impact sur les plus petites formes de vie. Sous-courants imagine cette réalité méconnue – ce que l’on peut ressentir en tant que micro-organisme, sensible aux secousses subtiles, mais persistantes de l’activité humaine. L’installation se déploie comme un théâtre d’ombres qui occupe l’espace de la galerie. Le public peut y découvrir un environnement immersif composé de formes sculpturales, de surfaces de projection, de vibrations sonores et d’ombres en mouvement. Ce projet est une continuation de l’engagement d’Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe à créer des expériences sensorielles immersives. La présence des visiteurs joue un rôle clé : lorsqu’ils se déplacent dans l’espace, leurs corps et leurs ombres se confondent avec ceux des formes sculpturales, créant une interaction stratifiée de gestes, de perceptions et de traces. Des bancs équipés de haut-parleurs diffusent des enregistrements sous-marins et des sons trouvés sous forme de vibrations physiques, offrant ainsi une expérience haptique du son plutôt que sonore. Elles espèrent ainsi susciter un sentiment d’empathie avec l’invisible et l’inaudible. Amélie Brisson-Darveau et Pavitra Wickramasinghe souhaitent attirer l’attention sur les écologies fragiles et souvent négligées qui nous entourent. Elles voient cette exposition comme une méditation sur le Saint-Laurent, mais aussi comme une invitation à habiter l’ombre autrement, à la reconnaître en tant qu’une absence ou un résidu, et comme un lieu de présence, de transformation et de relations.
























